Le Nordic Walking marche sur la France.
Nouvelle discipline venue des pays nordiques, la marche avec bâtons fait ses premiers pas en France. Un véritable enjeu de santé publique et de développement des clubs.
Dans les rues de Göteborg, aux abords du stade Ullevi, théâtre des championnats d'Europe, le long des canaux, sur les pistes cyclables qui fleurissent dans toutes les villes du nord de l'Europe, le spectacle n'a rien d'exceptionnel. Imaginez des passants à pieds, armés de bâtons de ski, qui vous doublent sans le moindre état d'âme, filant à vive allure. Bienvenue au royaume du «Nordic Walking». Littéralement (façon de marcher a la nordique», la discipline emprunte au ski, à la marche athlétique, aux exercices de step des cours de gym, tout en gardant l'esprit de la pratique loisir. Ici, la marche est reine. En Europe du Nord, le phénomène a conquis des centaines de milliers d'adeptes. En Allemagne, une dizaine de revues mensuelles sont consacrées uniquement à cette pratique.
POURQUOI UN TEL ENGOUEMENT ? Les marcheurs sont attirés par le côte loisir, sans aucun lien avec la compétition. Et par un évident, ceci de bien-être. En l'occurrence, les bâtons sont un formidable accélérateur du rythma cardiaque, en même temps qu'ils tonifient et musclent l'ensemble du haut du corps. Ils constituent également une aide précieuse pour les personnes dont les jambes n'ont plus vingt ans ou qui souffrent d'obésité... Au point que les frais liés à la marche nordique sont remboursés par certaines caisses d'assurance maladie outre-Rhin.
LE PHÉNOMÈNE DEVRAIT BIENTÔT DÉBOULER EN FRANCE. La Fédération Française d'Athlétisme l'appelle en tout cas de ses vœux. «Nous comptons 750 000 licenciés tournés vers la compétition, mais il ne faut pas se voiler la face: ce chiffre ne montera jamais à 500 000. assure Bertrand Hozé, Directeur Technique National adjoint De fait, le Nordic Walking peut être l'un des vecteurs du développement de l'athlétisme dans nos clubs. Le pratique du sport non plus en compétition mois pour le bien-être, et les coaches «athlé-santé» que nous voulons mettre en place, peuvent beaucoup leur apporter. Comme elle amène un grand nombre de pratiquants à la natation, par exemple. N'oublions pas que l'athlétisme est le sport de base par excellence.» En France, à discipline a déjà ses adeptes. Ils sont 70 à 80 000, peut-être plus. Certains sont regroupés sous l'égide d'une fédération dont la FFA s'est rapprochée. Des projets communs sont sur le point de voir le jour. «Il existe une vraie demande, chez ces marcheurs, d'être pris en charge pendant des séances. D'être accueillis, suivis, conseillés, de pouvoir marcher en groupe sur un parcours défini, prendre une douche après l'effort. Nous voulons inscrire cette pratique dans les clubs, avec des encadrants titulaires du brevet d'Etat Les clubs peuvent y trouver les revenus et les moyens de se structurer davantage encore. C'est un axe pour professionnaliser l'athlétisme et y créer des emplois. » Pour la première fois, des marcheurs à bâtons prendront à l'automne le départ de grandes classiques de la course sur route française. Marseille-Cassis y aura droit en octobre. Pas de chrono à l'arrivée, juste une distance indiquée. En France, le planté de bâton devrait bientôt faire de nouveaux adeptes.